En Angleterre, en 1908, naissent Daisy et Violet soeurs siamoises. Elles sont adoptées par Mme Hilton, sage femme clandestine, qui les exploitera toute sa vie.

Cette véridique triste et glauque histoire de monstres de foire ne pouvait que séduire Valérie Lesort et Christian Hecq. Ils content ainsi la vie des sœurs Hilton de leur naissance à leur mort sur une tonalité burlesque non dénuée de sensibilité. On rit beaucoup, jamais au dépend des soeurs Hilton, mais toujours de leur entourage.

Le cirque et le cabaret sont mis à l'honneur présentant un vaste éventail de monstres, soit par leur difformité physique, soit par l'ignominie de leur comportement. Les scènes et numéros d'une époustouflante créativité et d'une impressionnante ingéniosité se succèdent.

Décors, costumes, maquillage et perruques, jeux de lumières, où le rouge domine, servent merveilleusement le propos.

Christian Hecq, qui multiplie les personnages, est, cette fois encore, hilarant. Virginie Lesort et Céline Milliat-Baumgartner impressionnent dans la chorégraphie qu'impose le rôle des soeurs siamoises. A leur côté, Yann Frisch et Renaud Crols, multipliant eux aussi les personnages sont excellents.

Et Charlie l'aboyeur est inoubliable dans la scène d'ouverture du spectacle

Lire les post sur les précédents spectacles de Christian Hecq et Virginie Lesort : La mouche, 20 000 lieux sous les mers, Le voyage de Gulliver 

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Paul Francoeur vient de remporter de justesse les primaires de son parti contre Marie-France Tremeau qui digère mal sa défaite.

Pierre Schoeller, à qui on doit déjà l'excellent L'exercice de l'Etat, adapte le roman d'Edouard Philippe et Gilles Boyer dont le vrai héros est César Casalonga, conseiller spécial de Francoeur.

Cette série qui mêle étude du microcosme politique et thriller bénéficie d'une réalisation soignée, d'un montage précis et d'un casting 4 étoiles en la personne de Melvil Poupaut, Swan Arlaud, Karin Viard, Evelyne Brochu, Maud Wyler et Philippe Uchan.

A voir sur France.tv

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François Truffaut disait "Même quand Jean Pierre Leaud dit bonjour, même quand il ouvre une porte, nous basculons dans la fiction, pour ne pas dire dans la science fiction."

Cette façon unique de jouer, de parler un peu faux comme parlait Truffaut, a fait de Jean-Pierre Leaud un acteur étrange, incomparable. et marquant. On se demande encore si Jean-Pierre Leaud existe vraiment ou s'il n'existe que dans la fiction ?

Cyril Leuthy trace le portrait de l'acteur, éternel adolescent, comme on mène une enquête, à base d'archives, demandant à deux jeunes comédiens et Michel Fau de jouer ses rôles ou tenir ses propos, faisant appel aux témoignages d'Olivier Assayas, Noémie Lvovsky, Lucas Belvaux, Chantal Goya, Nathalie Baye, Françoise Lebrun, Josiane Balasko, Aki Kaurismaki, Olivier Assayas, Lucas Belvaux, Bertrand Bonello, Tsai Ming-Liang, Nobihiro Suwa

Enfant de la balle - mère actrice, père scénariste et dialoguiste - acteur d'un rôle monstre, Antoine Doinel, acteur d'un réalisateur, François Truffaut. Son bout d'essai pour Les 400 coups est presqu' aussi célèbre que le film.

Il naît en tant qu'acteur, à 14 ans, en 1959 au Festival de  Cannes. Un gosse avec dans la tête des idées d'adulte, très ressemblant à son personnage Antoine Doinel que Truffaut dessine à partir de sa propre enfance et adolescence mais aussi et de plus en' plus de celle de Leaud.

Leaud devient assistant de Godard - son deuxième François - qui le fait tourner dans six films dont La Chinoise, et Masculin, Féminin.

En 1970, Domicile conjugal signe la fin de l'adolescence et d'Antoine Doinel ou presque (en 70 L'amour en fuite verra le retour d'un Antoine adulte). Mais pas de sa complicité avec Truffaut qui lui confiera encore deux grands rôles dans deux chef d'oeuvres : Les Deux anglaises et le continent et La Nuit Américaine.

Mal à l'aise dans la vie, mais très à l'aise devant la caméra, il tourne parallèlement avec Skolimowski, Jean Eustache...

En 1984, la mort de Truffaut le plonge dans un deuil insurmontable. Il tourne pourtant à nouveau dans l'inattendu Les Keufs de Josiane Balasko où il joue un flic improbable et tourne avec de jeunes réalisateurs dont il a marqué la cinéphilie : Aki Kaurismaki, Olivier Assayas, Lucas Belvaux, Bertrand Bonello, Tsai Ming-Liang, Nobihiro Suwa.

Un très beau portrait à voir en replay sur Arte.tv

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Rudolf Höss, sa femme Hedwig et leurs enfants vivent une vie de famille normale dans une maison qui jouxte les camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau que Hoss commande avec zèle. Tandis qu' Hoss travaille à optimiser le rendement de ses machines de mort, sa femme organise la maison, commande et menace le personnel et récupère vêtements et bijoux parmi les effets des personnes déportées.

Le film se compose essentiellement de plans fixes, sans mouvement de caméra, nous maintenant dans la position d'observateur. Ce parti pris filmique confère aussi aux scènes un effet étrange entre burlesque et ridicule qui contraste violemment avec les coups de feu, les aboiements des chiens, les hurlements et menaces des geôliers et les cris des victimes, en fond sonore, seules, mais incessantes, représentations de l'intérieur des camps.

Ainsi, Glazer, tout en adoptant lui aussi le parti pris de ne montrer aucune image des camps,  propose un dispositif totalement inverse à celui présenté par Laslo Nemee et Le Fils de Saul. Et parvient tout autant à transmettre l'horreur de l'extermination mise en place par l'Allemagne nazi.

Grand Prix du jury Cannes 2023.

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Igor, jeune avocat des laissés-pour-compte, Abel étudiant et livreur pour Enjoy!, Yass stagiaire chez H24, une chaîne d'info en continu sont pris dans la fureur de l'ubérisation, du buzz et de l'immédiateté.

Benoît Marchisio adapte son roman Tous complices ! Les portraits de ses trois héros sont particulièrement bien vus et assez angoissants. Les scènes de la chaîne info au relents de CNews/C8 sont criantes de vérité. Le destin d'Abel est particulièrement plombant et devrait faire réfléchir les clients d'Uber Eat et Cie. La démonstration est édifiante.

A voir sur France.tv

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