Si les deux premiers épisodes du documentaire des frères Naudet ont un peu déçu, les deux derniers fonctionnent particulièrement.
Les réalisateurs ont eu l'excellente idée de relater les Jeux Olympiques et paralympiques dans une forme thématique plutôt que chronologique, avec pour fil rouge la journée du 26 juillet et la cérémonie d'ouverture des Jeux.
Le documentaire nous plonge au coeur des Olympiades offrant un regard micro en nous invitant notamment au plus près des proches des athlètes dans la victoire comme dans la défaite, et un regard macro sur la logistique et l'organisation XXXL Avec des images impressionnantes des sites et du public déchaîné, des découvertes comme Ottobock, le génial atelier qui propose de réparer gratuitement les équipements des athlètes paralympiques, des points de vues originaux depuis le 1er étage de la Tour Eiffel ou la régie d'OBS, des moments inattendus comme une visite nocturne à la lampe de poche du Louvre, de nombreuses rencontres émouvantes...
Et Zizou. 26 ans plus tard.... Les Yeux dans les Jeux.
Lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, Zeus, le cheval métallique, et sa cavalière à la combinaison d'argent, galopant sur la Seine, ont impressionné plus d’un milliard de spectateurs. Symbole de la solidarité et incarnation de la puissance féminine, inspirée par les valeurs de la république française, par Jeanne d'Arc et par Sequana, la déesse de la Seine, elle a propagé l'esprit olympique dans toute la ville.
Conçu par l’atelier nantais Blam, le cheval métallique, 1,80 mètre au garrot, a été fabriqué en aluminium par impression 3D pour la tête, martelage à la main des tôles formant le corps, usinage des membres. La tête, les sabots et le buste sont recouverts de feuilles d’argent. Les pattes antérieures et postérieures sont traitées par une finition en anodisation. La tenue de la cavalière a été conçue par Jeanne Friot pour la cape et la capuche et par Robert Mercier pour l'armure.
Zeus était exposé dans la cour intérieure de l'hôtel de Ville jusqu'au dernier jour des Jeux paralympiques.
Le 16 septembre 1943, les bombes tombent sur la ville de Nantes que les alliés attaquent. Mémé Kiki, 29 ans court pour sauver sa vie.
Ainsi débute Le ciel de Nantes. Christophe Honoré (Youssou Abi-Ayad) raconte le film qu'il n'est pas parvenu à tourner sur la vie de sa mère, de ses parents et de ses 9 frères et sœurs. Mais, sa famille réunie l'interrompt, prenant chacun la parole pour conter l'histoire à leur manière. Installés dans une salle de cinéma, ils se déchirent, se réconcilient, reprochent à Roger (Stéphane Roger) ses dettes de jeu puis son suicide, Mémé Kiki (Marlène Saldana) raconte sa vie de femme trompée et battue qui a eu 6 enfants en 7 ans. Sont là aussi le grand-père violent (Harrison Arevalo), la tante Claudie (Chiara Mastroianni) fée suicidaire, la mère Marie-Do (interprétée par le frère du réalisateur), le brave oncle Jacquot (génial Jean-Charles Clichet).
Les comédiens évoluent sur la scène, dans cette salle de cinéma, s'emparant du micro pour exprimer leur point de vue. Parfois, l'histoire se poursuit en vidéo projetée sur le grand écran comme si le film avait quand même était tourné.
La superposition des interventions, souvent criées, du son de la télévision ou de la musique, nuit parfois à la bonne compréhension des échanges et fatigue un peu. Le jeu remarquable des comédiens et le rythme soutenu du récit limitent l'ennui.
Paradoxe c'est le nom choisi pour cette Cérémonie d'ouverture.
De la discorde à la Concorde, le tableau d'ouverture de la cérémonie s'est inscrit sous le signe de l'inclusion. Sur l'immense scène posée de chaque côté de l'obélisque, la Strict society représentée par 140 danseurs, en costumes cravate noirs, évolue sur scène sans considération pour le Créative gang représenté par 16 danseurs, aux costumes colorés, en fauteuil ou béquilles. Chilly Gonzalez au piano puis Chris and the Queen debout sur le piano accompagnent ce tableau.
Et c'est le "Welcome to Paris" de Théo Curin et un drapeau de fumée bleu blanc rouge qui ouvrent le défilé des athlètes qui entrent sur la place, salués par la patrouille de France, une haie d'honneur de bénévoles dansant, les phryges sur scène et la musique de DJ Myd et l'orchestre Matheus. Beauté des costumes colorés des délégations.
Le spectacle reprend avec, en vidéos projetées sur les écrans ultra géants entourant les fontaines de la place, les témoignages d'athlètes paralympiques suivis de tableaux, chorégraphiés par le suédois Alexander Ekman, interprétés par les danseurs du Créative Gang et de la Stricte Society qui s'uniront au final d'un superbe tableau sur le thème du sport, tout en danses et projections d'images et de lumières, avec une magnifique performance du danseur unijambiste Musa Motha. Lucky Love, Sébastien Tellier, Luan Pommier accompagnent musicalement ces tableaux.
Florent Manaudou, qui avait apporté la flamme avec le Belem à Marseille, assure cette fois le relais entre les JO et les paralympiques. C'est à Mickaël Jeremiasz (tennis fauteuil) qui'il confie la flamme alors que débute le dernier tableau sur le Boléro de Ravel dansé par les 150 performeurs tenant chacun une flamme en main. Des athlètes majeurs du paralympisme vont se succéder : Béatrice Vio (escrime), Oksana Masters (cyclisme), Markus Rehm (saut en longueur) qui se dirige vers le jardin des Tuileries où l'attendent Assia El Announi (athlétisme), Christian Lachaud (escrime) et Béatrice Hess (natation). La vasque est enfin rallumée par les deux porte-drapeau Alexis Hanquinquant (triathlon) et Nantenin Keïta (athlétisme) ainsi que Charles-Antoine Kouakou (athlétisme), Elodie Lorandi (natation) et Fabien Lamirault (pongiste).
Retour sur la place de la Concorde pour le final avec Chris and the Queen qui reprend Born to be alive sous les feux d'artifice, tandis que les fauteuils roulant peignent sur le sol de la scène comme le faisait l'artiste Sue Austin.
Direction l'Afrique du Sud pour le nouveau défi sportif mais également solidaire relevé par Théo Curin, accompagné par Ismaël Khelifa, journaliste globe-trotter. Ils vont réaliser 30 km de nage en relais autour de Robben Island et 100km à vélo pour rejoindre Langa, un quartier défavorisé du Cap, pour l'inauguration d'un nouveau local et de futurs terrains multisport pour l'association Happy feet.
Théo, nageur handicapé de haut niveau, ne fait jamais de vélo et Ismaël, cycliste à ses heures, ne nage jamais. Le documentaire suit les deux hommes lors de leur préparation et lors de la réalisation du défi avec toutes les difficultés rencontrées. Et à l'arrivée, la joie des enfants et un message fort qui leur est adressé : "Rien n'est impossible."