Franck, riche chef d'entreprise, demande à Justine d'organiser un week-end pour lui et sa nouvelle conquête. Budget 14 000€. Justine fait appel à ses amis pour se garder la plus grande marge possible.
Bruno Podalydes (Jocelyn), Denis Podalydes (Albin), lsabelle Candelier (Sandrine), Jean-Noël Brouté (Caramel), Florence Muller (Rosine), Dimitri Doré (Ifus), tous excellents, composent l'équipe de bras cassés de Justine (Sandrine Kiberlain), tandis que Daniel Auteuil excelle en séducteur graveleux.
Podalydes est fidèle à son style, fait d'un comique de situation et d'une mise en image proche de la BD. Le film adopte le rythme du bateau sur les canaux, soit 9km heure. C'est lent mais c'est très drôle.
Christiane Jatahy adapte librement Shakespeare. Son Hamlet se déroule de nos jours dans un monde où les rois règnent encore Le prince du Danemark est visité par le fantôme de son père. Le roi qui vient de mourir assassiné intime l'ordre au prince, gagné par la folie, de le venger.
L'histoire d'Hamlet se reconnaît aisément, les mots de Shakespeare se font bien entendre, pourtant cette proposition est tout à fait autre. Christiane Jatahy mêle au texte originel, majoritairement présent, des textes de sa création et des extraits de Virginia Woolf, attribue les paroles de personnages à d'autres, escamote et déplace pas mal de scènes, fait répéter à plusieurs reprises certaines répliques clés de la pièce pour souligner leur importance et la folie d'Hamlet. Elle le place dans la posture du repenti qui s'interroge sans cesse sur ses actes, leur violence et sur ce qu'il aurait fallu faire pour les éviter, hanté par ses fantômes et par ses crimes. Elle nous convie dans sa fantasmagorie, au coeur de son malaise.
Aussi, ici, le fils du roi se déclare fille et est considérée comme telle par tous à l'exception de son beau père, le traître et faible Claudius. Les personnages féminins sont forts. Gertrude assume et revendique ses choix, Ophélie n'est plus cette petite chose fragile.
Marque de fabrique de Christiane Jatahy, la mise en scène mêle théâtre et cinéma. Le premier quart d'heure de la pièce voit la projection du spectre du roi (Loïc Corbery) sur un voile placé en avant scène tandis que l'on devine les comédiens sur le plateau. Jatahy joue avec efficacité sur les proportions projetant l'image du roi défunt en format XXL, tel qu' il prend place dans l'esprit du prince. Puis, ce sont les invités du mariage de Gertrude et Claudius qui prennent place en vidéo. Ce procédé donne corps à la perception étrange, à la folie d'Hamlet. La vidéo sera utilisée régulièrement tout au long de la pièce via un téléviseur que les comédiens déplaceront à de multiples reprises. Le mobilier sera aussi déplacé et replacé. Cette effervescence incessante est peut-être le point faible de la mise en scène. Entre ses mouvements de décors, les projections de vidéo live, les sous-titres des dialogues en portugais (personnages d'Ophélie et de Polonius), la musique pop, les images qui se reflètent dans les nombreux miroirs du décor et l'immense scène, on ne sait plus où posé son regard et conserver toute son attention.
On en admire d'autant plus les comédiens - Servane Ducorps, Isabel Abreu, Tom Adjibi, David Houri, Tonan Quito, Matthieu Sampeir - tous excellents et très sollicités par cette mise en scène.
Mais de tout cela ce qui marque le plus est sans conteste Clotilde Hesme, incroyable d'intensité. Une très grande comédienne.
Déchaîné ! Est-ce de savoir les caméras présentes dans la salle, le comédien est particulièrement en forme dans cette captation de son spectacle La Fontaine et le confinement.
C'est pourtant par le peu aisé Divertissement de Pascal que débute le spectacle mais très vite le comédien instille de la fantaisie. Moque le mari présent contre sa volonté, salut les retardataires involontaires et se lance dans le coeur de son sujet avec la fable l'ours et l'amateur de jardin de La Fontaine qui contient la phrase qui a donné vie à ce spectacle : "La raison d'ordinaire n'habite pas longtemps chez les gens séquestrés."
Luchini joue avec son public et enchaîne dans le désordre un hommage à son maître Jean-Laurent Cochet, à Louis Jouvet, à Jules Romain, à Johnny Hallyday, au théâtre, au génie des écrivains français, à sa Philinte dont il est l'Alceste, raconte ses journées devant la télévision et le duo Veran-Salomon, ses échanges avec Macron, sa rencontre avec la ministre de l'éducation nationale, cite Mme de Sévigné et Mme de La Fayette, rappe sur La Fontaine, donne une leçon de séduction, et dit avec son élocution et son indéniable sens du rythme, répétant avec gourmandise ces phrases favorites, quelques fables dont La besace, Conseil tenu par les rats, Le curé et le mort, La Laitière et le pot au lait...et clôt le spectacle avec sa fable favorite La mort et le mourant.
Dwight Manfredi, capo new-yorkais, sort de prison. Le parrain qu'il a couvert pendant ses 25 ans de prison, le remercie en lui "offrant" la ville de Tulsa, trou paumé, sans délinquance, ni mafia paraît-il...
Sylvester Stallone est parfait dans le costume du mafieux et celui du boomer qui découvre un nouveau monde après 25 ans de prison. Has been mais costaud malgré ses 75 ans.
Le scénario est un peu tarte mais drôle et distrayant.
Pierre, Jules et Louise se précipitent chez leur parent à la demande urgente de ceux-ci. Tous les trois craignent le pire pour leur mère et leur père qu'ils adorent.
Ce qui impressionne c'est l'immensité du vide, tant sur la forme que sur le fond, qui habite cette pièce. L'histoire, le propos, les dialogues... tout est poussif, redondant, sans intérêt, sans panache. La mise en scène est à l'avenant.
Frédérique Tirmont et Bernard Alane, dans le rôle des parents, s'en sortent honorablement tandis qu'Emmanuel Patron, Elise Diamants et Rudy Milstein font ce qu'ils peuvent avec leur piètre partition, surjouant sans doute pour essayer de donner corps au rien.
Le qualificatif "nul" est ici parfaitement approprié.